Édito. L'esprit critique, arme de destruction massive.
- Amaury Caillault
- 4 mai
- 3 min de lecture

La propagande : douce invention pour le contrôle des masses. Que ce soit par des constructions massives, des prises de paroles publiques ou bien des textes, elle s'immisce dans notre quotidien depuis des milliers d'années.
Dans notre dernière vidéo sur la propagande, nous sommes partis à la rencontre des origines de celle-ci. Nous avons pu étudier à travers l'histoire, des exemples forts de propagande. Ne vous êtes-vous jamais posé la question de l'origine des croisades ? Sur l'acceptation par leur peuple allemand du génocide du peuple Juif d'Europe ? (Ceci nous le verrons dans la partie deux de notre vidéo qui paraît en fin de semaine).
Non les nazis n'étaient pas différents de vous. Nous aimerions tous croire qu'ils étaient profondément différents, constitués d'un schéma de pensée qui n'est pas le nôtre. Mais c'est faux. Les nazis étaient comme vous. Le parallèle semble puissant, presque scandaleux. Et pourtant il est réel. Mais alors comment quelques humains peuvent insérer dans l'inconscient d'une société toute entière, l'acceptation d'un génocide ? Comment la société allemande a pu concevoir l'idée même d'une humanité hiérarchisée avec des êtres supérieurs et d'autres inférieurs ? Comment la haine s'est-elle immiscée dans l'esprit de ce peuple qui était alors à la pointe du raffinement culturel dans les années 20 ?
S'il m'est impossible de répondre à cette question en quelques lignes, je peux au minimum pointer un responsable : la propagande.
Que ce soit par des slogans, par des articles, par divers médias ou bien par ses propres amis, la propagande se glisse dans votre cerveau tel un fléau.
Elle séduit les masses en leur donnant des éléments de réponse. Dans le cas des nazis, ils ont pointé les Juifs comme responsables des problèmes du peuple allemand de l'époque qui connaissait une crise économique sans précédent (1929, krach boursier).
En mettant en avant le bouc-émissaire juif, les nazis ont tenté de concentrer les rancoeurs et la révolte des Allemands sur une seule population. Si les masses ne croyaient pas, au début, à ce discours populiste et proprement scandaleux écrit dans le livre Mein Kampf, le pamphlet nazi, l'idée s'est petit à petit construite dans leur imaginaire. "Mais bien sûr, ce sont eux..."
Pourquoi passer des jours, des semaines, à comprendre le système boursier américain et à établir le lien entre la pauvreté du peuple allemand et la fracture de ce même système quand on peut pointer du doigt un ennemi moins puissant ?
Car selon le United States Holocaust Memorial Museum, il y avait seulement entre 550 000 et 565 000 juifs en Allemagne en 1929, soit seulement 0.8 % de la population. Or selon l'historien Avraham Barkai, ce sont entre 20 et 30 % de ces mêmes juifs qui dépendaient d'aides sociales ou d'organisations caritatives. Or, au même moment, seulement 2 à 3% de la population allemande non juive dépendait de ces mêmes aides sociales.
Mais il était trop tard, l'idée même des juifs riches commençait déjà à se répandre tel un poison dans l'esprit des personnes en quêtes de réponses simplistes.
Pour beaucoup de personnes, et encore aujourd'hui, la simplicité revient à croire les discours populistes, à ne pas regarder derrière ceux-là.
Et pourtant, chaque citoyen devient vraiment libre à l'instant où il cultive son esprit critique. Où il réfléchit de manière autonome, en cherchant lui-même les réponses à ses questions. C'est justement ce que tentaient de détruire les nazis et ce que tentent de détruire de nombreux hommes de pouvoir aujourd'hui : la capacité à réfléchir seul.
C'est de cette manière que le stalinisme ou le nazisme mettaient en avant le collectif avant l'individu. Car un collectif est bien plus simple à contrôler, l'esprit critique y est moins construit, moins puissant. Un homme seul est bien plus compliqué à dominer que des centaines d'individus ensemble.
Dans un monde qui continue d'accélérer, où les informations sont si nombreuses qu'on ne sait où regarder ou qui croire, où le tissu médiatique est extrêmement dense, il est crucial de garder une chose en tête : esprit critique.
Posez-vous des questions, réfléchissez, prenez le temps d'accepter de ne pas comprendre une situation, soyez les propres maîtres de vos pensées, ne laissez pas un groupe vous convaincre d'une réalité. Soyez indépendant sur vos canaux d'information, vérifiez vous-mêmes si nécessaire, cela prend du temps, mais c'est la manière la plus efficace pour refuser d'avaler une propagande, peu importe de quelle nature elle soit.
Votre esprit critique est un jardin qu'il faut cultiver pour récolter un jour les graines de cette indépendance informative.
Le passé nous a montré ce que les Hommes pouvaient accepter, tâchons de ne plus reproduire ces erreurs, tâchons de vivre dans le questionnement bienveillant. L'esprit critique est une composante indissociable de la liberté et nous devons tous veiller à le faire grandir chaque jour en nous.
Amaury Caillault.



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