Guerre en Iran : À l'aube de la fin du cessez-le-feu, où en sont les négociations ?
- Amaury Caillault
- 20 avr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 avr.
Annoncés depuis plusieurs jours, les pourparlers tant attendus entre l'Iran, les États-Unis et Israël patinent. Mais alors, pourquoi, alors que le conflit s'enlise, les trois belligérants n'arrivent-ils pas à se retrouver autour d'une table ?

C'est une promesse qui aurait pu donner de l'espoir. L'administration de Donald Trump a annoncé la mise en place de pourparlers entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran ce lundi 20 avril au Pakistan (Islamabad). Cette réunion au sommet doit avoir lieu pour définir les stratégies mises en place dans les prochaines semaines. Oui mais… Le cessez-le-feu qui court depuis le 7 avril 2026 arrive à son terme dans deux petites journées.
"Nous verrons si les Iraniens l'acceptent."
Pendant ces deux semaines de "trêve", les diplomates états-uniens ont œuvré pour trouver un accord qui leur serait favorable, avec notamment un arrêt complet du programme d'armement nucléaire des Iraniens.
Ce point précis est d'ailleurs la raison de l'arrêt des premiers pourparlers qui s'étaient tenus le 12 avril dernier, déjà au Pakistan.
L'Iran avait catégoriquement refusé la clause avancée par l'administration de Trump. Malgré ce refus, le vice-président américain J. D. Vance avait déclaré aux médias : "Nous repartons d'ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire. Nous verrons si les Iraniens l'acceptent." En d'autres termes, Washington n'est pas près de faire des concessions sur le programme nucléaire iranien et exige son arrêt immédiat.
"FINI DE JOUER LES GENTILS"
Mais comme au premier jour du conflit, le 28 février dernier, l'Iran martèle l'importance du développement du nucléaire pour l'indépendance de son pays. Une situation de blocage est donc bel et bien présente avant même le début des prochains pourparlers.
Une situation qui semble de moins en moins plaire au président Donald Trump, qui subit depuis plusieurs semaines la contestation dans son propre pays d'une guerre déjà impopulaire.
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a laissé paraître, le dimanche 19 avril, quelques signes de tensions : "Les États-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran. FINI DE JOUER LES GENTILS !" Preuve ultime d'une envie de rapidement clore ce chapitre peu glorieux de son mandat.
Le lièvre américain contre la tortue iranienne
Mais là où l'administration Trump a intérêt à voir cette guerre s'écourter, l'Iran espère une temporisation, car le temps joue en sa faveur. Les tensions économiques liées au blocage du détroit d'Ormuz, la hausse des coûts du pétrole, la flambée des prix des avions, le manque de soutien de l'OTAN, l'impopularité de cette opération des États-Unis font que Trump va rapidement se retrouver à devoir faire un choix. Car le risque pour lui, c'est de perdre les élections de mi-mandat en novembre 2026 et donc de perdre sa majorité absolue à la Chambre des représentants au profit du Parti démocrate.
Cette perte de majorité pourrait lourdement handicaper la suite de son mandat de président avec une difficulté accrue pour faire passer ses propres lois.
Donc l'Iran joue la montre, à l'image du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à la tête de l'équipe de négociations iranienne qui a expliqué ces derniers jours : "Nous sommes encore loin d'avoir bouclé le débat. Nous avons fait des progrès, mais il subsiste de nombreuses divergences et certains points fondamentaux restent en suspens."
Une reprise des hostilités dans deux jours ?
Difficile de savoir si oui ou non l'Iran participera aux prochaines négociations qui devraient se tenir ce lundi 20 avril ou le mardi 21 avril. Mais ce qui est certain, c'est que l'Iran ne remettra pas ses stocks d'uranium aux États-Unis et que les conditions avancées par Trump sur le nucléaire ne peuvent être acceptées par Téhéran.
À deux jours de la fin du cessez-le-feu entre Israël, l'Iran et les États-Unis, les hostilités devraient reprendre, entraînant un nouveau cycle de bombardements et de crises humanitaires majeures.
Amaury Caillault.



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