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Gaza. 71 milliards de dollars nécessaires à la reconstruction

  • Photo du rédacteur: Amaury Caillault
    Amaury Caillault
  • 21 avr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 avr.

Selon une étude menée par l'ONU, la Banque mondiale et l'Union européenne, plus de 71 000 Palestiniens ont été tués lors du récent conflit avec Israël. Au total, 371 888 logements ont été détruits ou endommagés.


@Wafa News Agency. Mars 2024, vue de Gaza. Image libre de droit et d'utilisation.
@Wafa News Agency. Mars 2024, vue de Gaza. Image libre de droit et d'utilisation.

Le bilan vient de tomber. On connaît enfin l'impact du récent conflit entre Israël et la Palestine sur la bande de Gaza. Une étude de l'Organisation des Nations Unies (ONU), en partenariat avec la Banque mondiale et l'Union européenne, publiée le lundi 20 avril 2026, livre un verdict sans appel. Dans un recueil de soixante pages, on apprend avec précision l'état des destructions.


71 000 Gazaouis tués


On peut notamment y lire un bilan humain précis avec 71 000 Gazaouis tués et 171 000 blessés. L'étude précise toutefois que le chiffre est basé uniquement sur les corps retrouvés : "beaucoup de disparus sont encore sous les décombres." L'étude précise aussi que 1 671 Israéliens et personnes d'autres nationalités ont trouvé la mort dans la bande de Gaza depuis le début du conflit.


Un bilan humain qui s'accompagne du bilan matériel. L'ONU référence la destruction de nombreux logements depuis le 7 octobre 2023, comme le précise l'étude : "Environ 371 888 logements — soit 76,6 % de l'ensemble des logements — ont été directement touchés, les appartements représentant 77 % des logements endommagés, y compris les logements et les appartements dans les camps de réfugiés palestiniens."


Des impacts sociaux lourds


Les campagnes de bombardements ainsi que les opérations au sol ont également bouleversé toute une société qui a dû s'adapter pour survivre. En première ligne de ce conflit, les civils et notamment les enfants. Dans l'étude en question, l'ONU souligne la question de la nécessité de la prise en charge des enfants, en particulier sur l'aspect mental : "On estime que pratiquement 100 % des enfants nécessitent un soutien en santé mentale et psychosocial." Un chiffre qui va de pair avec un autre fait avancé : 728 000 enfants et adolescents de la bande de Gaza n'ont pas été scolarisés depuis plus de deux ans. À cela il faut ajouter la mort ou la disparition de 792 "enseignants et personnels scolaires".


41 844 personnes handicapées par le conflit


Autre impact direct, le recensement en septembre 2025 de 41 844 personnes ayant un handicap lié au conflit, dont 5000 à 6000 personnes amputées. Dans un contexte où le réseau de soins est quasiment à l'arrêt, l'ONU catégorise comme urgente la prise en charge et le suivi de ces personnes. "Moins de la moitié des hôpitaux et moins de 38 % des centres de soins primaires restent partiellement fonctionnels."

Autre aspect social, le déplacement de masse des populations de la bande de Gaza. L'étude explique : "Près de 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises, et plus de 1,2 million de Palestiniens à Gaza, soit environ 60 % de la population qui a dû changer de logement."


Une économie de l'emploi détruite


Outre l'aspect humanitaire, c'est l'économie d'une région qui s'est effondrée en l'espace de deux ans. Selon les chiffres avancés par l'étude et transmis par la Banque mondiale, la bande de Gaza a connu en 2024 une contraction de son PIB (produit intérieur brut) de 83 %, atteignant un taux jamais atteint dans l'histoire récente de la région.

Autre donnée marquante, la baisse significative des emplois : "Près des trois quarts de la population active de Gaza avant le conflit ont perdu leur emploi, ce qui a entraîné un taux d'emploi de la population de 9,3 % dans la bande de Gaza."


Un lourd coût de reconstruction


Après une longue période de conflit, il est toujours complexe d'estimer les coûts financiers liés à la reconstruction. Mais que ce soit par des analyses d'images satellites, le recensement des bâtiments détruits ou l'utilisation des ressources locales, l'ONU a avancé le chiffre de 71,4 milliards de dollars (60,67 milliards d'euros). Les auteurs de l'enquête fixent quatre axes de priorités "absolues" : logements (16,2 milliards de dollars), agriculture et alimentation (10,5 milliards), santé (10 milliards), commerce et industrie (9 milliards).

Dans le même temps, l'ONU avance une nécessité de travaux échelonnés sur cinq années au minimum. Dans un contexte géopolitique actuel très tendu entre les deux pays (Palestine et Israël), avec un tissu humanitaire qui ne parvient pas toujours à atteindre Gaza, il est compliqué d'espérer une reconstruction massive à court terme.

En effet, le cessez-le-feu actuel, qui est en cours depuis le mois d'octobre 2025, est encore fragile et le conflit entre le Liban et Israël complexifie l'idée d'un avenir proche plus clément.



Amaury Caillault.





 
 
 

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