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Face à l'histoire. Des robots pour remplacer les Hommes à la guerre ?

  • Photo du rédacteur: Amaury Caillault
    Amaury Caillault
  • 28 avr.
  • 4 min de lecture

Récemment en Ukraine, des robots ont pris à eux seuls une position russe. La nouvelle est quelque peu passée au second plan et pourtant, elle ouvre les portes de l'avenir des conflits terrestres. Sommes-nous à l'aube du remplacement des soldats sur le front ? L'histoire militaire est faite d'adaptations technologiques et je vous l'explique ici.


Source: GETTY IMAGE
Source: GETTY IMAGE

"Le futur est déjà sur la ligne de front." C'est par avec ces mots que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a entrouvert la boîte de Pandore C'était le 13 avril 2026 à la suite de la capture d'un point stratégique russe sur le territoire ukrainien. L'opération aurait pu passer inaperçue mais elle était en réalité révolutionnaire car elle a été réalisée uniquement par le biais de robots contrôlés à distance. Dans son tweet suivant la mission, le président met en avant les modèles déjà en utilisation dans son armée : "Ratel, TerMIT, Ardal, Rys, Zmiy, Protector, Volia et nos autres systèmes robotiques terrestres ont déjà effectué plus de 22 000 missions sur le front en seulement trois mois." Alors que faut-il retenir de cette nouvelle évolution technologique ? Les humains vont-ils laisser leur place aux robots sur les champs de bataille ? L'histoire nous apporte quelques éléments de réponse Direction l'Antiquité où déjà, les Hommes avaient compris que pour battre son ennemi, il fallait inventer, évoluer…


Des évolutions au service de la victoire dès l'Antiquité


L'évolution technologique a toujours fait partie de l'histoire des conflits, c'est même elle qui en dicte le déroulé Et on trouve des preuves de cela tout au long des siècles. Le premier exemple est l'apparition du char de combat tracté par des chevaux aux alentours de 2000 avant notre ère en Mésopotamie.


Représentation d'un char égyptien @imagelibrededroit
Représentation d'un char égyptien @imagelibrededroit

Cette révolution permettait à un ou deux soldats de se tenir sur une plateforme stable, tout en profitant de la vitesse de déploiement d'un cheval. Vitesse, précision, stabilité… Rapidement, cette technique se répandit à travers les steppes de l'actuelle Russie ou encore en Égypte antique où le char de combat deviendra un signe de puissance et de richesse.


Un autre exemple d'une grande révolution militaire que l'histoire a connue est l'instauration du principe de la phalange vers 700 avant notre ère. C'est en Grèce que se construit petit à petit cette nouvelle stratégie de combat. Le principe est simple dans sa conception mais complexe dans son fonctionnement. La phalange, c'est une formation de fantassins lourdement armés et qui marche en rangs serrés.


Une phallange macédonienne @hellenicart
Une phallange macédonienne @hellenicart

Cette technique permet de lutter contre les charges de cavalerie en encaissant le choc. Si dans l'imaginaire collectif la phalange est associée au macédonien Alexandre le Grand (356 av.-323 av.) et à ses soldats équipés de sarisses (longues lances), les premières formes de phalanges sont à retrouver du côté des cités grecques comme Athènes ou Sparte. Efficace, cette techniques s'est ensuite répandue dans toutes les armées de la Grèce antique. Cette révolution stratégique est elle-même l'ancêtre des cohortes romaines apparues à la fin du IIᵉ siècle avant notre ère et qui ont dominé l'Occident jusqu'au crépuscule de l'Empire romain en 476.


La mécanique au service de la mort


Dernier exemple, l'arrivée du char de combat, cette fois-ci mécanique. On est au début du XXᵉ siècle, les technologies militaires évoluent très rapidement, notamment les armes à feu et l'artillerie. Face à cette augmentation historique de la puissance de feu, il devient nécessaire d'évoluer sur le champ de bataille en étant protégé. Naissent alors des dizaines de projets plus ou moins loufoques dans les tiroirs des divers états-majors. Le premier projet sérieux vient de la France (Cocorico) avec la proposition d'un certain Léon René Levavasseur (1860-1942). Ce que propose ce capitaine de l'armée française, c'est la propulsion d'un canon autopropulseur. L'idée est complexe, l'engin de plusieurs tonnes doit se déplacer rapidement (seulement quelques kilomètres par heure à l'époque) pour arriver au plus près des ennemis et ce, en étant protégé des balles ennemies. Malheureusement, malgré deux ans de développement, son projet n'est pas retenu, l'état-major préférant la traction hippomobile, jugée plus fiable à l'époque. Mais la Première Guerre mondiale (1914-1918) accélère les choses. Bloqués dans une guerre de position à l'Ouest, Allemands, Anglais et Français cherchent à percer les lignes ennemies. L'artillerie étant devenue trop puissante, les assauts frontaux ne suffisent plus et l'idée de Levavasseur refait surface.


Mark 1 sur le front de l'Ouest en 1917. @archivesmilitaires
Mark 1 sur le front de l'Ouest en 1917. @archivesmilitaires

Et petit à petit on voit apparaître sur les champs de bataille des monstres de fer, le Mark 1, le Renault FT, le Saint-Chamond, le Schneider CA… Depuis, les chars sont devenus des composants primordiaux dans les armées du monde entier. Vitesse, blindage, force de frappe… Ils évoluent mais gardent la même mission, se protéger des tirs ennemis tout en pouvant répliquer à distance.


Des robots à la place des hommes ?


Ces quelques exemples pour mettre en avant une idée : les armées évoluent avec leur temps, avec leurs technologies, mais dans un seul objectif, surpasser l'ennemi qu'on a en face de soi.

Alors quand l'Ukraine met en avant l'utilisation de ses robots terrestres sur le front, c'est un miroir vers un avenir proche qui nous est tendu. Demain, cette image sera répandue et notre imaginaire d'un front fait uniquement de robots contrôlés à distance pourrait se réaliser. Car si l'humain est doué à une chose, c'est au développement de technologies militaires.

Paul Virilio (1932-2018), philosophe et essayiste, disait : "Tout ce que fait l’homme a pour moteur le sexe et l’agressivité." Inventer pour battre… Voici le moteur de l'évolution à travers l'histoire et l'exemple des robots ukrainiens n'est qu'un exemple de plus parmi des millénaires de nouvelles inventions destinées à tuer.

S'il est trop tôt pour affirmer que les robots terrestres prendront la place définitive des humains sur le champ de bataille, il est une chose que l'on peut affirmer : la guerre est en constante évolution et la forme de conflit actuelle que nous connaissons est sur le point de laisser la place à une autre.

Et l'histoire nous prouve que quand une armée invente une technologie efficace, les autres s'adaptent très rapidement en adoptant à leur tour cette nouvelle technique. Les robots terrestres, s'ils ne sont pas nouveaux, sont peut-être à l'aube d'une domination des champs de bataille, avant qu'un jour l'humain n'invente une nouvelle arme capable de les surpasser.


Amaury Caillault




 
 
 

1 commentaire


sylviecaillault1967
28 avr.

On va pouvoir faire la guerre en restant dans son canapé en sirotant un verre ???

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